Portée par l’explosion de l’amapiano ces dernières années, l’industrie musicale sud-africaine grandit à une vitesse record. On estime que la nation arc-en-ciel représente près de 80 % des revenus musicaux d’Afrique subsaharienne. Alors, dans le pays de Nelson Mandela, tout le monde veut sa part du gâteau, et c’est toute l’industrie qui change, avec de plus en plus de labels indépendants.
Avec notre correspondant à Johannesburg,
L’Afrique du Sud compte plusieurs milliers de labels indépendants. Mzukisi Ntambo travaille pour l’un d’entre eux, Pika Records, enregistré en 2025 : « Nous souhaitons que les artistes conservent leur indépendance, en les accompagnant de projets en projets. Un artiste va nous demander de l'aide en relations publiques, par exemple. Alors on lui dit : "Voilà comment on va intervenir sur ce projet spécifique." Mais notre label ne possède pas les artistes. L'idée, c'est que nous grandissions ensemble, le label et les artistes. »
Cette indépendance permet aux artistes sud-africains de conserver leur identité. Illustration avec le dernier projet du label Pika Records, Imali de Lix Da Lion, qui mélange l’anglais et le Xhosa. Un son produit par Sthembiso Twala. « Je me contente de produire pour les autres. Je suis 100 % indépendant », explique le musicien. « Pika est un label indépendant et ensemble on collabore. Je produis pour eux, et quand le son est commercialisé, nous partageons les bénéfices », précise-t-il.
De meilleurs revenus ? Car, face à une industrie musicale à la croissance fulgurante, en plus de performer, les artistes sud-africains veulent aussi porter la casquette de chefs d’entreprise. Une tendance qui a poussé Sony, Warner et Universal à s’adapter. « Je ne pense pas que les majors vont disparaître, parce qu'elles évoluent. Elles cèdent une grande partie du contrôle qu’elles avaient. Et permettent aux artistes d’avoir leur mot à dire », témoigne Gift Mdlalose, directeur de la Music Business Academy. Il nuance cependant la notion d’indépendance : « En réalité ces compagnies finissent par vous signer. Ce qui change, c’est que vous signez avec votre propre société, et qu’elles appellent ça un contrat de distribution. »
Car, si les labels indépendants garantissent l’authenticité, sur le plan financier, les multinationales contrôlent encore 70 % des parts de marché en Afrique du Sud. Et empochent souvent la majorité des revenus, surtout quand un hit devient planétaire.
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