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Jean-Marc Kabund, pourquoi un nouveau parti ?

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Au cours d’un point de presse animé, le lundi 18 juillet dans sa luxueuse villa à Kingabwa, l’ancien président intérimaire de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Jean-Marc Kabund, a annoncé la création de sa formation politique : Alliance pour le changement. Ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale à deux reprises, ce dernier a été pendant plus de trois ans l’homme clef du régime Tshisekedi. Du désistement à Genève à la création de l’Union sacrée de la nation. Jean- Marc Kabund aura été sur tous les fronts. Peut-il se soustraire du bilan de la gestion de Félix Tshisekedi lors de ses trois dernières années ? Quelles sont les motivations qui le poussent à créer ce parti qui dit vouloir s’aligner dans la social-démocratie comme l’UDPS ? Bonjour et bienvenue dans ce 21e épisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Jimmy Kande, chercheur principal en gouvernance à Ebuteli, partenaire du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York. Nous sommes le vendredi 22 juillet et cette semaine, nous nous intéressons à la dernière sortie médiatique de Jean-Marc Kabund, dénonçant les vices du régime Tshisekedi et annonçant la création de son parti. Lors de ce point de presse, le président déchu de l'UDPS a présenté un tableau sombre du pouvoir en place. Un pouvoir qui, selon lui, est un club d’amis et de copains. Un pouvoir des « jouisseurs » au détriment du bien-être de la population congolaise. À ce sujet, Jean-Marc Kabund estime que le président Félix Tshisekedi « est un danger au sommet de l’État ». Il déplore aussi le manque de transparence pour les futures élections générales prévues en 2023. Et d’alerter sur le fait que le président Tshisekedi prépare déjà, selon lui, un glissement de ces échéances électorales. Comme il fallait s’y attendre, les allégations de Jean-Marc Kabund à l’encontre du président de la République ont suscité beaucoup de réactions au sein de la classe politique congolaise et de la population. Si beaucoup de Congolais se montrent aussi critiques envers Tshisekedi , ils s'interrogent également sur les motivations réelles de Kabund. Pourquoi n’a-t-il pas dénoncé ces travers quand il était au pouvoir? D’autant que l’UDPS pointe aussi l’enrichissement rapide de Kabund dont les images de sa grande villa avait choqué plus d’un et qui en tant que vice-président de l’Assemblée nationale n’avait pas toujours pesé de son poids pour inscrire ses préoccupations à l’ordre du jour des séances plénières. Cette séparation entre Tshisekedi et Kabund rappelle le divorce observé en mars 2009 entre Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, et Joseph Kabila, alors président de la République. Si cette rupture était due, officiellement, à des divergences de vues sur l’entrée des troupes rwandaises en RDC, celle de Kabund et de l’actuel chef de l’État semble, à première vue, être motivée par des intérêts partisans et égoïstes. De toute façon, ayant été exclu de l’UDPS, Kabund n’avait plus de choix. D’ailleurs, on s'aperçoit aussi que ce divorce n’est pas idéologique et politique. Le nouveau parti politique de Kabund va s’aligner sur la même pensée idéologique que son ancienne formation politique, c'est-à-dire des sociaux-démocrates. Ce divorce est plutôt lié à des guerres des égos au sein du palais. Se considérant comme le faiseur de rois du régime, Kabund se considérait, par moments, plus puissant que le chef de l’État. Principal acteur du basculement de la majorité parlementaire en décembre 2020 au profit de l’UDPS, Kabund continuait de gagner en influence au point sans doute de commencer à faire de l’ombre à Tshisekedi. Le schéma de deux chefs sur un même siège ne pouvait pas faire long feu. Cette guerre des égos explique même les conditions de démission à l’Assemblée nationale de Kabund et son exclusion de l’UDPS sur des affaires purement privées, mais aussi son laxisme face à ce qu’il décrit aujourd’hui quand il était au pouvoir. À l’instar de Kabund, plusieurs autres hommes politiques, notamment le ministre Butondo Muhindo Nzangi, les députés Claude Nyamugabo et Jean-Claude Kibala viennent également de lancer leurs partis. Ceux-ci s'ajoutent au nombre déjà pléthorique des organisations politiques existantes. Elles prétendent toutes vouloir défendre les droits des Congolais, mais oublient trop souvent le peuple une fois qu’elles ont accédé au pouvoir. En attendant que cette dynamique change en RDC, pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre téléphone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C, ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientôt !

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