En politique comme au domino, chaque action de jeu change les options de lâadversaire. Mais contrairement au domino, en politique, le gagnant est celui qui a le plus de piĂšces en rĂ©serve. PlutĂŽt que de rĂ©soudre un problĂšme, le jeu consiste surtout Ă gagner la partie, Ă dĂ©faire lâadversaire. Câest cela la politique congolaise actuellement et câest cela le drame dans le contexte actuel.
Bonjour ! Je mâappelle Ange Makadi Ngoy, je suis chercheuse Ă Ebuteli. Vous Ă©coutez le 30e Ă©pisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio dâEbuteli, qui analyse un sujet de lâactualitĂ© congolaise. Cette semaine, je mâintĂ©resse au jeu politique qui se dessine autour du dialogue national, du changement de Constitution et de la guerre dans lâest de la RDC. Nous sommes le vendredi 31 juillet 2026.
Le 17 juillet, lorsque le Cardinal Fridolin Ambongo et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, ont annoncĂ©, chacun en ses termes, la tenue imminente dâun dialogue national, les rĂ©actions ont Ă©tĂ© en grande partie positives, mais teintĂ©es de scepticisme. Plusieurs regroupements de la majoritĂ© prĂ©sidentielle ont saluĂ© lâappel au dialogue. La Belgique, la France ou encore lâUnion europĂ©enne ont encouragĂ© ce dĂ©veloppement et des coalitions de soutien au sein de la sociĂ©tĂ© civile ont commencĂ© Ă se former. Dubitative mais pressĂ©e, une partie de lâopposition congolaise rĂ©unie au sein de la coalition C64 a, elle aussi, encouragĂ© ce processus en posant quelques conditions. Elle a surtout, une deuxiĂšme fois, reportĂ© sa marche prĂ©vue le 22 juillet pour donner une chance Ă ce processus.
Deux semaines plus tard, rien nâa avancĂ©. Les discussions entre les confessions religieuses et le pouvoir nâont pas jusque-lĂ abouti. Selon des sources proches du clergĂ©, celui-ci sâinquiĂšte dâun manque de volontĂ© politique suffisante et du statu quo.
Le pouvoir, quant Ă lui, nâa cessĂ© dâavancer dâautres piĂšces : lâagression rwandaise qui transformerait le mandat du chef de lâĂtat en mission, lâoccupation dâune partie du territoire qui empĂȘcherait le pays dâorganiser les Ă©lections, la loi sur le rĂ©fĂ©rendum adoptĂ©e au Parlement et validĂ©e, sous quelques rĂ©serves, par la Cour constitutionnelle, rendant possible, juridiquement, le processus de changement de Constitution. Ă cĂŽtĂ© de toutes ces piĂšces, il y a aussi « lâoption levĂ©e » dâorganiser un dialogue politique interne et inclusif.
Une autre piĂšce inattendue pourrait sans doute renforcer la stratĂ©gie du pouvoir : le retour au Katanga de Katebe Katoto, frĂšre de lâopposant MoĂŻse Katumbi. Ses prochaines prises de position, aprĂšs les consultations quâil compte mener, seront minutieusement scrutĂ©es dans les prochains jours afin de comprendre son nouveau rĂŽle dans le jeu politique actuel.
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