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L'industrie musicale africaine: les droits d'auteurs restent un mirage économique dans de nombreux pays [2/10] artwork

L'industrie musicale africaine: les droits d'auteurs restent un mirage économique dans de nombreux pays [2/10]

Afrique économie
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Droits d'auteurs pour les compositeurs et les arrangeurs, droits voisins pour les interprètes...: dans beaucoup de pays, leur collecte auprès des diffuseurs de musique et leur redistribution aux artistes est loin d'être une évidence. S'il fallait choisir un mot pour résumer la situation en ce qui concerne les droits d'auteurs sur le continent africain, le plus approprié serait « inégalité ». Par manque d'information, certains artistes ne savent même pas, en effet, où et comment s'enregistrer pour espérer toucher des droits tandis que d'autres, quand ils le font, sont confrontés aux dysfonctionnements des sociétés de gestion. « Le bureau malien des droits d'auteur, le Burida, a du mal à collecter, à faire payer les gens et aussi à répartir. Donc les artistes se plaignent. Par exemple, en RDC, la Socoda, la société congolaise des droits d'auteurs, ne fonctionne pas du tout », prend pour exemple Luc Mayitoukou, expert des questions de propriété intellectuelle. Congo-Brazzaville, Cameroun... : la liste des pays qui peinent à rétribuer leurs artistes est longue. Mauvaise gouvernance, manque de personnel compétent, ou même parfois tout simplement absence d'un logiciel adapté : la liste des obstacles à une bonne répartition des revenus qui accentue les inégalités est longue. « Dans beaucoup de sociétés, vu qu'ils font des calculs à la main, l’argent est souvent donné à des artistes plus connus, beaucoup plus influents, avec qui on fait des répartitions forfaitaires. Les jeunes artistes, eux, ne touchent pas ce qui devrait leur revenir. C’est une réalité dans beaucoup de sociétés de gestion collective en Afrique », décrit Luc Mayitoukou. « Les sommes payées ne correspondaient pas au travail de l'artiste » Pour s'assurer un revenu, Mariusca la Slameuse a décidé d'aller s’inscrire à la Sacem, en France, pendant que d'autres vont s'inscrire à la Sabam, en Belgique. « À l'époque, c'était assez complexe de s'enregistrer et les sommes payées ne correspondaient souvent pas au travail de l'artiste. Donc pour éviter des frustrations, je me suis dit que c'était mieux de m'enregistrer à la Sacem », explique l’artiste congolaise. Aujourd’hui, elle y est enregistrée en tant qu’auteur et au bureau congolais des droits d’auteurs en tant qu'interprète. Le digital a ouvert de nouveaux horizons de rémunération ces dernières années, mais le gain est la plupart du temps minime pour les artistes africains qui n'ont pas encore de renommée internationale. À lire aussiNuits africaines en RDC: le Kimpwanza Bar, haut lieu de l'Abako et des grandes figures de la musique [1/10]

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